Les
joyaux de l'Art et la Science de l'Homoeopathie de Boger
par
Pierre Salaün et Pierre Lenthéric
Lors de la réunion des
6èmes Journées Georges Demangeat à Annecy, nous avons
présenté quelques éléments de la traduction de Studies in the
Philosophy of Healing et The study of Materia Medica and Taking
the Case de C.M. Boger. Pour cela nous avons fait, d'une part, un
résumé de chaque chapitre, et d'autre part, l'inventaire des
passages les plus significatifs de cet ouvrage, ceux sont ces derniers
que nous vous proposons.
Nous les avons, pour
l'occasion, regroupé par pôles d'intérêt :
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Les
Aphorismes d'Hippocrate
de Boenninghausen |
* La connaissance de la
cause (Anamnèse) d'une maladie est d'une telle importance que sans
elle le choix d'un remède homoeopathique ne peut être fait avec
sûreté: Aphorismes d'Hippocrate, VII, 12. (Le choix du remède,
La répétition de la dose)
* Il résulte de la
nature dynamique et de la constitution de chaque maladie réelle
qu'elle n'est jamais purement locale, mais qu'elle trouve toujours son
origine dans la force vitale immatérielle et donc dans l'ensemble de
l'organisme vivant, et qu'elle peut seulement être extirpée aussi
rapidement que la réaction vitale croissante remplace l'effet
primaire du médicament; d'autant plus rapidement que la fin est
proche. Extrait des Aphorismes d'Hippocrate, VII, 12. (Le choix du
remède, La répétition de la dose)
* "l'Homoeopathie
guérit toutes sortes de hernies", une assertion de poids, mais
l'expérience lui donne raison. Plus loin il dit que ce n'est pas un
trouble local qui au mieux ne restera pas longtemps à ce stade et que
la guérison finale repose sur les concomitants, tout ceci est vrai.
Il mentionne Aco., Alum., Asar., Aur., Bell., Bry., Calc-c., Caps.,
Cham., Coccl., Coloc., Guai., Lach., Lyc., Mag-c., Nit-ac., Nux-v.,
Op., Phos., Plb., Sil., Staph., Sul., Sul-ac., Thuj., Verat-a., and
Zinc. comme les remèdes les plus probables, parmi lesquels
nous choisissons Aco., Alum, Aur., Bell., Calc-c., Cham.,
Coloc., Lach., Lyc., Nit-ac., Nux-v., Op., Plb., Sil., Sul., Sul-ac., ou
Verat-a. pour la hernie étranglée. (L'étude de la matière
médicale)
* La découverte de
l'acarien de la gale n'appartient pas aux temps modernes, car il y a
650 ans le médecin arabe Abenzohr non seulement soupçonnait son
existence, mais le peuple le connaissait sous le nom de Syrones.
Fabricious, (entomologiste, 1745-1808) aussi, dans sa "Fauna
Greenlandica" louait la dextérité de ses habitants à détecter
et détruire ces insectes avec la pointe d'une aiguille." Il
signale aussi que les critiques de Hahnemann ont uniformément
confondu le produit de la psore avec sa cause. (L'étude de la
matière médicale)
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Conseils
thérapeutiques et avis doctrinaux, classés par thèmes |
Compréhension de
la maladie / La prise du cas / Le choix du remède, valorisation / Les
symptômes mentaux / Les concomitants / Evolution / La maladie aiguë
/ Action de remède / Manque de réaction, conduite à tenir / La
seconde prescription / Traitement des urgences / Les
remèdes spécifiques / Le génie du remède / Les
épidémies / Typhoïde / Intérêt des examens complémentaires /
Prescription, mise en garde / Conduite à tenir / La Chirurgie / Les
sérums / Les vaccinations / Indications
de l'homoeopathie / Le savoir faire homoeopathique / Le cancer /
Palliatifs dans l'incurabilité / Grossesse / Post-partum / Cause des
échecs / L'Etude de la matière médicale / La répertorisation
Compréhension de la
maladie
* Que les apports
d'énergie puissent ne pas se montrer égaux aux sorties ne peut
gêner que le matérialiste, car nous ne vivons pas seulement de pain
et de viande et ce que nous apporte l'infini se mesure à l'aptitude
à recevoir.. (Prise de l'observation)
* Les signes physiques
internes et les modifications organiques ne représentent jamais la
maladie dynamique mais en sont les conséquences qui se manifestent au
fur et à mesure qu'elle progresse. (Le
choix du remède)
* L'étudiant sérieux
se rend bientôt compte que la maladie est vraiment et essentiellement
interne et supraphysique. S'il en était autrement, elle ne montrerait
pas une tendance naturelle à s'extérioriser, l'irrégularité
d'évolution étant essentiellement propre à chacun. (Ce
que nous devrions savoir)
* Les critiques de
Hahnemann ont uniformément confondu le produit de la psore avec sa
cause. Hahnemann a peut-être été malheureux en dénommant la
susceptibilité, Psore, notamment quand elle s'applique à la
diathèse herpétique; il a attaché la plus grande importance au fait
que la gale réveillait ou majorait grandement cette susceptibilité
(psore); rien ne pouvait être plus vrai. (L'Etude de la matière
médicale)
* Il est certain que la
psore se montre sous la forme de symptômes cutanés chez certaines
personnes et que leur suppression entraîne souvent des métastases. (L'Etude
de la matière médicale)
* La maladie s'exprime
comme une phase remaniée d'un mécanisme, et constitue pourtant un
mouvement unifié bien que modifié, elle ne doit pas être
considérée comme une accumulation d'effets sans relation entre
eux... A moins de considérer l'économie humaine comme une unité
dynamique qui oscille en permanence entre santé et maladie, nous ne
pouvons pas avoir une idée juste de ce qu'implique réellement la
guérison. (Remarques sur la façon de prescrire)
La prise du cas
* Les phénomènes
objectifs, vierges de toute interprétation personnelle et permettant
la plus grande liberté à la perspicacité de l'examinateur, sont
aussi les moins trompeurs et feront l'objet de notre plus grande
attention... L'expression du visage, les attitudes involontaires, la
température locale et générale, le changement de coloration ou de
consistance, l'état des réflexes y compris de la sensibilité,
l'odeur du patient, etc., ne sont que quelques uns des points à
relever. Rien ne devrait échapper à l'observateur car des examens
mal faits sont la principale cause d'échec. (Prise de
l'observation)
* Les sensations
s'expriment selon la mentalité du sujet et vont du caractère vague
et candide de celles de l'enfance à la loquacité hystérique qui
s'obnubile sur chaque symptôme: Il s'ensuit donc que les signes
accompagnateurs des symptômes ont de loin une plus grande importance
que les sensations elles-mêmes. (Prise de l'observation)
* Il est de loin
préférable de pouvoir appréhender l'ensemble du portrait et de nous
servir du keynote comme élément de différenciation, exactement
comme nous utiliserions une modalité. Le keynote caractérise le cas
beaucoup plus qu'il ne caractérise le remède, parce que sa place
dans le tableau est toujours modifiée par les symptômes secondaires.
Le même symptôme peut être l'indicateur dans certaines
circonstances et avoir peu ou pas d'importance dans d'autres, selon
son contexte, ses modalités, et son origine. (Prise de
l'observation)
* Le point central de
la scène révèle son génie naturel avec lequel la périphérie doit
s'harmoniser, si nous souhaitons en saisir totalement la
signification. Courir après les keynotes sans prêter grande
attention à l'harmonie générale du tableau a gâché beaucoup de
cas et aboutit à la polymédication. (Prise de l'observation)
* La plupart des
symptômes subjectifs ont un caractère imprécis et sont communs à
de nombreux troubles, ils méritent donc peu d'attention. Ce n'est
seulement que lorsqu'un symptôme banal se manifeste dans un endroit
ou d'une manière extraordinaires qu'il va prendre beaucoup de valeur.
(Prise de l'observation)
* ...Les actions du
patient et ce qu'il dit de lui-même sont de la plus haute
importance... (Hiérarchie des symptômes)
* Tous les grands
prescripteurs sont intuitivement des observateurs attentifs du langage
des signes de la maladie. Tels que se présentent les patients, c'est
le premier devoir du médecin de les observer attentivement, en notant
l'expression de leur visage, leur comportement, leurs habitudes, et
toutes les manifestations extérieures. Bien souvent cela donne la
clé du cas tout entier sans poser une seule question. L'un entre en
traînant le pas, il est débraillé, son remède va être Sulphur.
Un autre s'est mis sur son trente et un, les cheveux impeccablement
peignés, il est, probablement, un patient Arsenicum. La douce,
gentille patiente, bien élevée, qui pleure souvent en racontant ses
ennuis, est bien souvent du type Pulsatilla. Observer les
gestes du patient, sa façon de parler, lente, rapide, évasive, en
termes mesurés, nerveuse, ou autre. Le patient nerveux et
enjoué, surtout si c'est une femme, est souvent Phosphorus. Le
patient changeant, présentant toutes sortes de contradictions évoque
Ignatia; celui qui est loquace Lachesis. La loquacité
de la dégénérescence sénile, cependant, n'a pas habituellement
besoin de ce remède, et ainsi de suite. Pour découvrir les voies
subconscientes de son psychisme, demander au patient s'il rêve
beaucoup et le sujet de ses rêves, travail, surexcitation, feu,
situations émotionnelles ou érotiques, etc.; à quoi pense-t-il
pendant ses moments de tranquillité, quand son esprit est inoccupé,
les pensées qui lui passent par l'esprit, comme on le dit parfois.
Certains ont ce genre de pensées à tout moment, passant d'un sujet
à un autre, sans lien bien défini. Les processus de pensée sont-ils
lents ou rapides? La force de caractère est un élément important.
Ces portraits symptomatiques peuvent habituellement être classés,
états d'exaltation ou de surexcitation, et états de dépression. On
pense rarement à Aconit dans un état dépressif excepté,
peut-être, dans un collapsus aigu, ou bien à Phosphoric acid dans un
état d'excitation. La répartition de tous les remèdes en ces deux
grandes classes est d'une aide immense pour la prescription. Une cause
déclenchante révèle les couches sous-jacentes, souvent quiescentes
pendant des années, et est un élément important du tableau
symptomatique. Une chute dans un escalier, un accident d'automobile,
un grand chagrin peuvent ramener en surface cette couche basale. On ne
peut débrouiller un cas aussi compliqué sans prendre en
considération toutes les causes déclenchantes et ce qu'elles
révèlent en fin de compte. (Le langage de la maladie)
* On ne doit pas
tolérer des symptômes misérablement recueillis ou encore pire des
interprétations. (Réflexions sur la manière de prescrire I)
* L'essence du
tableau symptomatique clinique s'obtient au mieux en demandant au
patient de raconter sa propre histoire, chaque fois que c'est
possible. Ce récit est ensuite développé et précisé par
l'interrogateur qui doit d'abord découvrir la cause évidente
et le déroulement de la maladie jusqu'au tout dernier symptôme, auquel
il ajoutera tout ce qui semble actuellement influencer le
bien-être du malade. Notamment il faudra s'enquérir de façon
précise des facteurs naturels qui modifient la maladie - les
modalités. Les éléments suivants sont au premier chef les plus
importants: Horaire, Température, Plein Air, Position, Solitude,
Mouvement, Sommeil, Alimentation et Boisson, Toucher, Pression,
Ecoulements, etc. Prendre en considération l'état mental vient
ensuite par ordre d'importance. Ici la présence d'Irritabilité,
de Tristesse ou de Peur sont les facteurs déterminants.
La troisième étape consiste à apprécier ce que dit le patient de
ses propres sensations. C'est un point crucial et pour ne pas être
induit en erreur il faut toujours bien s'assurer de la présence d'une
des sensations primaires suivantes: Brûlure, Crampe, Coupure,
Eclatement [NDT: Brushing dans le texte mais Bursting dans
la préface du Synoptic Key], Endolorissement, Pulsation
et Soif. Il peut y en avoir beaucoup d'autres, mais la
présence de l'une quelconque de celles-ci les éclipse souvent,
notamment celles qui peuvent être dues au jeu
de l'imagination ; laquelle caractéristique est en elle-même souvent
de plus d'importance que l'objet imaginé. Ensuite
dans l'ordre viennent tous les signes objectifs ou l'expression
[extérieure] de la maladie: Ceci comprendra notamment l'Expression
du visage, le Comportement, l'Excitabilité nerveuse, la
Sensibilité, l'Agitation, ou l'Inertie, les Caractéristiques des
Sécrétions et toute coloration anormale. En dernier lieu la
partie malade doit être précisée; ce qui introduit également des
examens paracliniques en rapport avec le diagnostic. En parcourant les
rubriques ci-dessus, dans l'ordre indiqué, les contours de l'image de
la maladie seront très clairement mis en relief et conduiront
parfaitement au simillimum et le prescripteur doit seulement
garder à l'esprit que les
symptômes véritablement discriminateurs peuvent appartenir à
n'importe quelle rubrique. (Réflexions
sur la manière de prescrire. II)
* Ce qui rend
souvent une guérison difficile c'est de mettre beaucoup trop l'accent
sur un élément particulier aux dépens de l'ensemble du tableau
morbide, détruisant ainsi sa symétrie et donnant une idée
déformée de l'image primitive de la maladie. Cela ne signifie pas,
cependant, que tous les symptômes sont à mettre sur un même plan
d'égalité, car certains effets sont plus manifestes que d'autres,
tout en faisant partie de l'ensemble. C'est
dans ce sens que nous devons apprendre à connaître nos remèdes,
exactement comme nous le faisons pour nos amis, par leur apparence
ou leur personnalité; un effet composite, toujours changeant,
mais qui reflète toujours la même énergie. (Réflexions
sur la manière de prescrire. II)
Le choix du remède,
valorisation
* ...les symptômes
appartenant à des états constitutionnels particuliers laissent
déjà prévoir le remède que, des épisodes pathologiques
ultérieurs, et très probablement aigus, mettront davantage en
évidence. Tout compte fait le médicament qui produit les symptômes
cardinaux généraux et ceux de la maladie (aiguë) la plus récente,
est le remède qui conviendra le mieux au patient. (Réflexions sur
la manière de prescrire I)
* Les symptômes
particuliers qui sont singuliers, étranges ou bizarres peuvent se
manifester dans n'importe quelle sphère. Nous n'avons pas besoin de
considérer particulièrement la localisation, les sensations, les
modalités, les relations ou le mental, etc., pour eux-mêmes, mais
plutôt les traits qui les rendent marquants en tant qu'expressions
morbides individuelles. Ce sont les véritables key-notes et ils
trouvent leur plus grande utilité dans le diagnostic différentiel
des remèdes. La tentation de les utiliser comme des panneaux
indicateurs inerrants signalant la direction dans laquelle devra
s'orienter notre recherche est la plus grande et la plus commune des
erreurs en pratique homoeopathique, et nous a fait beaucoup de mal. (Qu'est-ce
qui indique le remède?)
* Le remède le mieux
indiqué est celui qui a la similitude la plus étroite concernant la
localisation, l'origine, la modalité, l'état mental, les
concomitants, les signes particuliers et l'horaire. (Prise de
l'observation)
* ...localiser
la partie du corps où l'action de l'énergie vitale désaccordée se
manifeste; ainsi nous approchons du diagnostic. Après avoir trouvé
le siège de la maladie et rassemblé les remèdes qui ont une action
incontestablement élective dans la zone ou les régions affectées,
nous tenons une base à partir de laquelle ses diverses ramifications
peuvent être développées. C'est la première et la plus essentielle
étape dans une analyse naturelle, celle à partir de laquelle toutes
les autres doivent suivre. ...les modalités à la deuxième
place, car elles ne s'appliquent pas seulement à la localisation
trouvée, mais, d'une manière ou d'une autre, commandent aussi tous
les symptômes. Elles sont tout aussi importantes que les effets
régionaux et aident à maints [diagnostics] différentiels. ...Les sensations,
leur langage est fortement imagé et parfois très clair, mais aussi
tellement élastique et variable qu'il laisse libre cours à
l'interprétation. Elles peuvent être d'un grand secours ou apporter
les plus sérieux obstacles au médecin et seront, pour cette raison,
reléguées à la troisième place. Hahnemann attira l'attention sur
la bizarrerie des symptômes comme étant primordial, qu'ils soient
d'origine directe ou concomitante. ...la nature essaie d'attirer notre
attention sur les choses les plus importantes en les faisant se
manifester en dernier... [La maladie] ne crie pas à voix haute
pour dire "je veux Aconit ou Bryonia parce que j'ai de la fièvre
ou du rhumatisme", mais elle parle le langage spécial d'Aconit
ou de Bryonia demandant ce dont elle a besoin d'après les signes des
différents remèdes. Pour faire du meilleur travail il est
nécessaire d'apprendre à lire ces signes chez nos patients; mettre
tranquillement de côté le diagnostic, avec prudence peut-être, et
considérer nos patients à travers nos remèdes. (Comment
vais-je trouver le remède ?)
* Les multiples désirs
et aversions sont très significatifs, surtout combinés avec le
comportement du patient, vis à vis de la solitude, de la lumière, du
bruit, de la compagnie ou de tout autre environnement quotidien. Le
nouveau symptôme le plus expressif est habituellement la clef de
tout le cas et directement rattaché à tous les autres, et il est
souvent exprimé par un changement de caractère ou de tout autre
état psychologique. (L'Etude de la matière médicale)
* Assembler
mécaniquement les remèdes présents dans toutes ou dans la plupart
des rubriques qui ont la ressemblance la plus étroite avec les
symptômes du patient est une méthode fort utilisée, mais qui a
tendance à gommer les nuances d'expression les plus subtiles d'un
côté comme de l'autre, et en fin de compte, même avec l'aide des
symptômes mentaux, ne fait qu'un choix approximatif. Beaucoup de la
grandeur de Hahnemann tient dans sa faculté d'exprimer chaque
symptôme et processus dans son langage naturel. (Comment
vais-je trouver le remède?)
* Les symptômes
qui appartiennent au patient sont les plus importants de tous et
surpassent de loin ceux de la maladie. Ce sera l'affaire du médecin
de découvrir le lien qui existe entre les deux catégories, en
gardant toujours à l'esprit leur chronologie; c'est seulement ainsi
que nous pouvons démêler ce qui semble un embrouillamini à
première vue. (Comment
vais-je trouver le remède ?)
* Il est essentiel de
s'assurer avec précision du siège de la maladie locale. Le pouvoir
curateur spécifique de Sepia dans les abcès invétérés, et parfois
mortels, des articulations des doigts et des orteils est une
démonstration extraordinairement évidente de cette remarque, car ils
ne diffèrent des autres collections suppurées que par leur
localisation, et les remèdes qui conviennent aux autres abcès
demeurent ici inefficaces. (Le
choix du remède)
* Les rhumes sont plus
compliqués, à cause de la façon variée dont ils sont contractés
et les différentes parties qu'ils affectent indiquent des remèdes
différents; par exemple, il existe une grande différence s'ils sont
contractés en transpirant parce qu'on s'est découvert partiellement,
[ou bien] en étant complètement trempé ou [seulement] en partie,
etc. (Le choix
du remède)
* Il va de soi que la
modalité doit être particularisée : il ne suffit pas, par exemple,
de noter les effets généraux du mouvement dans un cas donné, mais
les différentes variétés de mouvement, et il faut savoir si les
effets surviennent pendant le mouvement prolongé ou bien au début du
mouvement. (Le
choix du remède)
* Lorsque les
symptômes semblent indiquer un certain remède avec lequel les
modalités ne sont pourtant pas en accord, il n'est alors que
négativement indiqué et le médecin a les plus insistantes raisons
de douter qu'il soit bien adapté; il en cherchera donc un autre ayant
les mêmes symptômes. (Le choix du remède)
* J'espère que
personne ne dira que la périodicité indique obligatoirement Cinchona
(Quinine), car il y a plus d'un homoeopathe qui a traité de
nombreuses victimes de cette erreur. Un nombre considérable de
remèdes manifestent des effets typiquement périodiques; à moins
qu'ils ne soient clairs et francs (tels qu'Hell. et Lyc. de 16 h. à
20 h.), ou qu'ils ne reviennent exactement à la même heure (Ant-c.,
Ign., Sabad.), ils n'ont aucune importance. (Le
choix du remède)
* Nous sommes censés
prescrire sur la totalité des symptômes, mais en réalité ce n'est
pas toujours possible, en grande partie parce que l'esprit humain ne
fonctionne pas facilement de façon synthétique, il a tendance à
remarquer un détail ou un autre et à négliger le reste. (Ce
que nous devrions savoir)
* La nature appelle à
l'aide dans son propre langage, qu'il nous appartient d'apprendre, au
lieu de le déformer par nos préférences ou trop souvent nos
préjugés culturels. (Ce
que nous devrions savoir)
* Le signe
caractéristique peut apparaître n'importe où. Il vaut mieux qu'il
fasse partie du tableau symptomatique mais bien souvent nous sommes
contraints de le rechercher ailleurs. C'est ici que notre jugement
doit s'exercer avec le plus de subtilité si nous voulons parvenir à
un heureux résultat. (Ce
que nous devrions savoir)
* Dans les cas de
longue durée les caractéristiques essentielles, qui affleurent de
temps en temps dans toute maladie, sont habituellement profondément
enracinées et seront utilisées avec précaution, par crainte de
provoquer une aggravation difficile à maîtriser. (Notes
prises au hasard)
* Dans les maladies
chroniques il est utile de relever les particularités de chaque
malaise passé, de les combiner aux symptômes inhabituels du trouble
actuel et de chercher le remède qui couvre l'ensemble, gardant
toujours à l'esprit que les derniers événements renferment le
symptôme décisif. Il faut craindre cependant que l'habitude de
laisser les derniers événements recouvrir l'ensemble du cas soit un
peu trop banale pour le bien du patient. (La raison et les faits.)
Mieux nous connaîtrons
notre matière médicale originelle, moins nous ressentirons le besoin
de substances plus récentes et expérimentées seulement
partiellement, bien que les meilleurs prescripteurs se voient parfois
contraints d'y recourir dans des circonstances exceptionnelles.
Hahnemann donnait Dictamanus pour des leucorrhées et
Boenninghausen utilisait Bursa pastoris pour des hémorragies
de la même manière. (Remarques sur la façon de prescrire)
Les symptômes mentaux
* ...les manifestations
mentales seront traduites en leurs équivalents qualificatifs, et
seulement rarement enregistrées dans les termes exacts du patient.
L'interdépendance des états mentaux et physiques est si grande que
nous ne pouvons jamais arriver à en avoir une vue complète. De plus,
ils rendent toujours plus clairs les autres symptômes; souvent de
façon décisive. Le comportement et l'humeur des patients importent
beaucoup plus que ce qu'ils disent. Le mental qui se cache derrière
les subtilités du langage est très loin de celui qui presque
invariablement utilise un langage direct et positif. (Comment
vais-je trouver le remède ?)
* Aucun effort ne sera
épargné pour apprendre la nature du changement mental qui a atteint
la victime, car elle résume la totalité du patient. (L'Etude de
la matière médicale)
* Découvrir les
perversions mentales cachées constitue une part très utile de notre
travail, surtout parce qu'elles imprègnent et colorent toute la
structure de l'être du patient. Qu'il soit réservé, orgueilleux,
arrogant, cynique, insouciant, passionné ou on ne sait quoi, ses
traits trahissent ses tendances profondes et pour une grande part
motive ses actions, offrant ainsi un des signes les plus fiables du
remède le plus approprié. (Remarques sur la façon de prescrire)
Les concomitants
La valeur d'un
concomitant est souvent déterminée par le moment [de son
apparition]. Ceux qui sont aigus ou les plus récents sont bien sûr
les plus fiables. (Prise de l'observation)
L'existence d'un
symptôme constitutionnel ancien appartenant aux miasmes, bien qu'il
puisse être singulier, ne devrait pas nous faire commettre l'erreur
d'en tenir compte pendant une maladie aiguë, à moins que, à cause
de sa présence pernicieuse, le médicament image de la maladie
récente n'agisse pas. (Prise de l'observation)
Evolution
La rapidité de la
réaction est naturellement régie par la marche de l'affection propre
qui s'ajoute au potentiel vital réactif de l'individu. Il s'ensuit
qu'un soulagement rapide dans une maladie chronique ne présage rien
de bon, si le remède a été correctement choisi. (Le choix du
remède, la
répétition de la dose)
La maladie aiguë
* Sauf lorsqu'elle fait
courir un danger ou qu'elle met sur le devant de la scène quelque
signe caractéristique, il ne faut pas intervenir dans une maladie
aiguë. (Ce que
nous devrions savoir)
Action de remède
* Le remède curatif
fait disparaître d'abord les symptômes les plus récents, puis
remonte de plus en plus loin jusqu'à ce que la réaction qu'il
provoque ait éliminé tout ce qui se trouve en étroite similitude
avec lui. Au fur et à mesure que les symptômes morbides diminuent,
un état de calme survient finalement, sur quoi des symptômes très
anciens réapparaissent temporairement, ou bien le tableau change
radicalement d'aspect, exigeant une nouvelle analyse. (Notes
prises au hasard)
* Les remèdes se
conduisent exactement comme les maladies. Ils ne peuvent pas agir
autrement car aucune force appliquée ne peut produire ce qui n'est
pas déjà latent dans l'économie humaine. (Notes
prises au hasard)
* L'effet des doses
matérielles simule des maladies aiguës alors que les dynamisations
font apparaître les effets plus subtils, bien que ceci ne soit pas
une règle immuable. (L'Etude
de la matière médicale)
* Les remèdes qui ont
une action sur les mêmes tissus ou des tissus semblables présentent
une certaine relation entre eux et se différencient par la sphère
mentale et les modalités. Chacun possède un autre remède qui est sa
contrepartie aiguë ou chronique; l'état mental de l'un étant
généralement l'opposé de celui de l'autre. Baryta Carbonica
a en commun avec Apis son action sur le système lymphatique,
mais leurs états mentaux respectifs sont presque diamétralement
opposés. Tandis que le premier imprime son caractère dyscrasique sur
le mental et l'allure, le second est son complémentaire aigu. La
constitution de Baryta Carbonica emprunte les symptômes d'Apis
quand les vaisseaux lymphatiques manifestent l'existence d'une
septicémie. De même, le patient chronique Sepia, expose les
symptômes de Lachesis en présence d'alcoolisme. (Prise de
l'observation)
* La mollesse
graisseuse de l'argile rappelle celle des selles d'Alumina qui
passent avec difficulté, et la douceur de ce remède quand on le
touche. (Remarques sur la façon de prescrire)
Manque de réaction,
conduite à tenir
L'absence de réaction
est déjà un symptôme (Op., Ph-ac., Psor., Sulf., ) Prenez-le
lentement, une dilution à la fois, en augmentant la puissance du
remède un petit peu à chaque fois et ne sautez pas trop d'étapes à
la fois dans cette progression. (L'énergie vitale)
La seconde prescription
* Le patient avec
beaucoup de réserves de force vitale et un blocage pathologique très
faible avancera à grands pas vers la guérison. L'individu qui a peu
de vitalité et un blocage pathologique considérable s'améliorera
pendant un certain temps et puis son état sera stationnaire. C'est
alors le moment décisif dans l'évaluation. Allons-nous attendre une
autre vague de réaction avant de donner un remède? Beaucoup de ceux
qui ont su attendre ont été ceux de nos prescripteurs qui ont eu le
plus de réussites. J'ai vu des réactions ne se produire que six
semaines après l'administration du remède, mais cela est inhabituel
et des délais encore plus longs sont extrêmement rares. Le plus
souvent la réaction survient en quatre à six jours; ces délais plus
courts se voient notamment dans les maladies aiguës. Dans les cas
très aigus, tels que diphtérie, laryngite striduleuse, spasme
laryngé, etc., la réaction devrait se produire en quelques minutes
et nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre. Dans les cas
d'urgence la réaction devrait être pratiquement instantanée. Si le
patient s'améliore presque immédiatement sans signe de réaction,
cela doit éveiller le soupçon que l'action du remède est seulement
palliative. Les cas où la réaction se produit après un délai
raisonnable et pas trop subitement se voient bien dans les
névralgies. La douleur de la névralgie va s'atténuer en une, deux,
trois ou quatre heures. Les premiers signes nets d'amélioration se
voient d'abord dans le regard et l'expression du visage, un aspect
moins maladif et de mieux être, et le patient, sans que les
symptômes aient du tout changé, aura une sensation d'amélioration,
de bien-être, "Je souffre toujours autant, mais je me sens
mieux". Attendre éclaircit souvent tout le tableau et élimine
l'accessoire. Si le patient est nerveux et agité, cela signifie
habituellement que le médecin a été trop pressé et n'est pas un
bon prescripteur. J'ai traité environ cinq cents cas de typhoïde et
pratiquement tous les cas vus dès le début n'ont nécessité qu'un
seul remède, une seule dose. Un remède, une dose, c'est également
vrai dans la pneumonie. (Le
langage de la maladie, l'évolution vers la guérison)
* La pratique de
multiples et fréquentes prescriptions amène à ne plus utiliser que
peu de remèdes ou au mieux à ne choisir [celui qui paraît] le plus
prometteur qu'au sein d'un groupe plutôt restreint. C'est une
manière inconsistante et facile qui laisse de côté les signes
mineurs, donc moins précise et efficace. Cela a un arrière-goût de
paresse et de manque d'agilité intellectuelle, nous rappelant que les
facultés d'adaptation ne s'acquièrent pas plus facilement ici
qu'ailleurs. (Science
et répertoire, discussion)
* Dans des maladies
comme la variole, la scarlatine, etc., qui n'affectent l'homme en
général qu'une seule fois, toute répétition, en particulier de
hautes dynamisations, ne tend qu'à nuire ou à retarder la guérison,
alors que dans d'autres maladies la répétition se règle sur
l'évaluation de leur tendance aux rechutes. (Le choix du remède,
la répétition
de la dose)
* [Si] après
l'administration du remède soigneusement choisi... les symptômes
caractéristiques augmentent d'intensité sans se modifier ou se
déplacer..., si des doléances vraiment trop importantes ne rendent
nécessaire l'administration d'un antidote approprié, qui se révèle
être le plus souvent une seconde, et si possible encore plus petite
dose du même remède. (Le choix du remède, la
répétition de la dose)
* Le test de notre
compétence consiste à savoir estimer combien de temps il faut
attendre la survenue de la réaction, la reconnaître quand elle
apparaît, évaluer correctement son évolution ainsi que son terme.
C'est cela l'essentiel. (Notes
prises au hasard)
Traitement des urgences
L'esprit [du médecin]
doit être assez vigilant pour trouver le remède nécessité par un
collapsus après placenta praevia, par une hémoptysie active au cours
de choléra nostras, par une laryngite diphtérique, etc., etc. (Réflexions
sur la manière de prescrire I)
Les remèdes
spécifiques
* Les caractéristiques
essentielles de certains remèdes ressemblent grandement aux grands
traits de certaines maladies, ainsi Belladonna et scarlatine, Lachesis
et grande chorée, Lachesis et typhus, Phosphorus et
pneumonie, Antimonium tart. et bronchite capillaire, etc., etc.
Cette similitude se trouve à l'origine de la notion de spécifiques,
mais, malgré cela, des exemples surviennent en permanence où un
signe marquant fait sortir le cas clinique du groupe des remèdes
spécifiques. (Réflexions sur la manière de prescrire I)
* Nous sommes souvent
contraints de choisir le remède à partir d'un diagnostic bien que
cela doive être évité à cause des nombreux pièges que l'on est
certain de rencontrer. Hahnemann fit cependant la même chose quand il
vit la similitude entre les effets de l'écorce de quinquina et la
malaria typique, entre l'action de Belladonna et la forme lisse
de la scarlatine, ou plus tard dans sa vie lorsqu'il mit en évidence
la ressemblance des effets de Camphora, Cuprum et Veratrum album avec
trois types de choléra. Quand en 1830 il recommanda d'utiliser Mercurius
corrosivus dans la dysenterie il fit certainement correspondre les
caractéristiques principales de la maladie et des effets
médicamenteux. Nous savons que Lachesis, Lycopodium,
Phytolacca ou le Cyanure de Mercure suffisent dans la plupart des
cas pour le traitement précoce de la diphtérie. L'emploi du Cyanure
de Mercure s'est largement étendu à la suite d'expériences
empiriques, la dernière en date étant son utilisation dans l'angine
de Vincent. (Ce
que nous devrions savoir)
Le génie du remède
Le trait dominant de
chaque cas estampille un type particulier, tel que bilieux,
hémorragique, etc., et quand nous sélectionnons des remèdes, qui
dans leur action et l'ordre dans lequel ils manifestent leurs effets
se conforment au type qui se présente, nous disons que le génie du
remède correspond à celui de la maladie. (Comment
vais-je trouver le remède ?)
Les épidémies
* Nous avons des
maladies de type hémorragique, des rougeoles hémorragiques, des
varicelles hémorragiques, des diphtéries hémorragiques; nous avons
des formes fulgurantes de maladie où le patient meurt en deux ou
trois jours ou même moins; nous avons des formes septiques de
maladie; nous avons des formes dépressives et des formes d'irritation
cérébrale, dans lesquelles le patient montre toujours une irritation
cérébrale quelque maladie qu'il présente. J'ai remarqué à maintes
reprises que lorsqu'un certain type d'épidémie ou de maladie
prédomine de nombreux états aigus survenant dans la même région
prendront ce même aspect. Par exemple, une femme avorta pendant une
épidémie à forme septique. Elle fit une infection sans autre raison
que celle indiquée plus haut. Rhus tox. était le remède de
l'épidémie et fut aussi le sien. (Le langage de la maladie)
* La prophylaxie
homoeopathique est éprouvée et sûre. Les vrais remèdes qui
guérissent les maladies pleinement exprimées protégeront [aussi]
les personnes exposées. Ceci est très important car les maladies à
leurs débuts sont le plus souvent dépourvues des [traits]
caractéristiques qui décident du choix. (Le
choix du remède)
Typhoïde
J'ai traité environ
cinq cents cas de typhoïde et pratiquement tous les cas vus dès le
début n'ont nécessité qu'un seul remède, une seule dose. Un
remède, une dose, c'est également vrai dans la pneumonie. (Le
langage de la maladie, l'évolution vers la guérison)
On a dit que
Baptisia était un spécifique de la typhoïde, mais ce n'est pas
vrai. Les directives de Hahnemann à propos de Bryonia et de Rhus
dans la typhoïde sont toujours valables. Souvent Arsenicum est
utile au début. Ne laissez personne vous faire croire qu'Arsenicum
n'est jamais indiqué au début de cette maladie. (Le
langage de la maladie, l'évolution vers la guérison)
Dans la typhoïde, Arnica
et Baptisia sont indiqués une fois de temps en temps,
Arsenicum bien souvent, Rhus et Bryonia fréquemment.
Ces cinq remèdes couvrent probablement plus de 80 pour cent des cas.
Les patients devraient être immobilisés pour les empêcher de se
débattre. De cette manière, l'inflammation des plaques de Peyer est
diminuée par le repos et les ulcérations des deuxième et troisième
stades ainsi que les hémorragies intestinales sont évitées. C'est
un point de très grande importance. Au vingt-et-unième jour ou plus
tôt quand la température tombe, grâce au remède ou au cours normal
de la maladie, ne donnez pas de remède si la température descend
au-dessous de la normale, 35,8°. Si vous le faites vous allez
provoquer une rechute. A mes débuts, je prenais cela pour un
collapsus et je donnais Carbo vegetabilis. A chaque fois il y
avait une rechute et en conséquence une nouvelle poussée de fièvre.
De tels cas, laissés à eux-mêmes, reviennent à la normale en
quelques jours. Le remède bien indiqué guérira vos cas de typhoïde
en dix à quatorze jours, à peu près le temps qu'il vous faut
habituellement pour réaliser que vous aviez bien un cas de typhoïde.
(Le langage de
la maladie, l'évolution vers la guérison)
Intérêt des examens
complémentaires
Si les raffinements du
diagnostic paraclinique qui existent de nos jours avaient été connus
du temps de Hahnemann il aurait sans aucun doute localisé ses
remèdes avec davantage de précision qu'en donnant des indications
aussi vagues que: au-dessus, au-dessous, droit ou gauche, etc. Il
serait préférable que nos contemporains comblent ces lacunes plutôt
que de continuer à répéter des symptômes bien connus ou d'en
découvrir d'autres qui sont presque invariablement sans valeur. (Le
choix du remède)
Prescription, mise en
garde
* Faire disparaître
les symptômes sans comprendre leur véritable signification et leurs
relations est la plus insidieuse et la plus subtile forme de
suppression, entraînant une confusion sans fin et rendant souvent la
guérison impossible. (Notes
prises au hasard)
* Dans les cas de
longue durée les caractéristiques essentielles, qui affleurent de
temps en temps dans toute maladie, sont habituellement profondément
enracinées et seront utilisées avec précaution, de crainte de
provoquer une aggravation difficile à maîtriser. (Notes
prises au hasard)
* Le
prescripteur doit savoir quand donner le remède et quand s'abstenir
lorsque la nature accélère les forces auxquelles il a donné une
nouvelle direction. Il doit connaître les possibilités de Sac. Lac.
et se souvenir qu'un mouvement des symptômes vers l'intérieur
n'augure rien de bon.
(L'Etude de la matière médicale)
Conduite à tenir
Pour faire de bonnes
guérisons il est avant tout nécessaire d'éviter de recourir au
spécialiste chaque fois que de nouveaux symptômes apparaissent, car
très peu d'hommes de cette sorte sont assez ouverts pour s'apercevoir
que c'est l'homme tout entier qui est malade quand il montre des
symptômes locaux et que le remède soigneusement sélectionné
rendrait sa tâche en grande partie superflue. (L'Etude
de la matière médicale)
La Chirurgie
De nos jours les
profanes recherchent une suppression mécanique parce que les
homoeopathes ne les ont pas amenés à attendre mieux que le travail
du chirurgien. (L'Etude
de la matière médicale)
Le domaine de la
chirurgie se situe en grande partie dans la sphère traumatologique et
dans le palliatif, qui permettent au patient chronique de vivre, mais
sur un mode amoindri. La grande majorité des interventions précoces
pour une maladie maligne débutante ne font pas que traumatiser
fortement l'énergie vitale, elles ne font qu'enlever trois fois rien.
Personne d'autre que le plus grossier matérialiste n'agirait ainsi.
Nous ferions usage du remède indiqué dès le tout début, sachant
bien qu'il ménage les forces du patient et augmente considérablement
ses chances si une intervention chirurgicale est finalement
nécessaire. (L'Etude
de la matière médicale)
Pourquoi enlevons-nous
les amygdales ou les polypes, les hémorroïdes et mille autres
choses? Simplement à cause des tares héritées des parents et de la
méconnaissance de la [bonne] façon de vivre la vie actuelle. (L'Etude
de la matière médicale)
Les sérums
En dehors de
leurs complications immédiates les sérums sont des palliatifs, qui
ne s'éliminent que partiellement; ils abaissent la capacité de
réaction et contraignent les forces vitales à emprunter des circuits
plus paresseux où la réponse est beaucoup plus lente. Ceci est
pleinement démontré par la présence des modifications de rétention
dans l'iris et
la plus grande susceptibilité à la maladie qui s'ensuit. (Notes
prises au hasard)
Les vaccinations
La diathèse
scrofuleuse -- psore -- est en augmentation constante avec la pratique
des vaccinations; notre point de vue se trouve confirmé par le fait
que, dans de très nombreux cas de telles maladies qui ont un
caractère essentiellement aigu, ne peuvent avoir de guérison rapide
et durable que par l'administration de nos remèdes dits
antipsoriques. (Le
choix du remède)
Indications de
l'homoeopathie
Il me semble que les
affections cardiaques valvulaires relèvent davantage d'une
prescription correcte qu'on ne le suppose généralement, mais on doit
s'entraîner à placer, avec le plus grand soin, le diagnostic et les
symptômes individualisés dans leur juste perspective, pour que le
succès couronne nos efforts. (Notes
prises au hasard)
Le savoir faire
homoeopathique
Nos confrères
classiques peuvent bien adopter et même accroître l'utilité de la
méthode Homoeopathique de plusieurs façons, mais la manipulation
intentionnelle de la force vitale est hors de leur portée. Pour nous,
elle est presque naturelle. (Notes
prises au hasard)
Le cancer
* Dès le début [d'une
affection cancéreuse] il y a une nécessité urgente à choisir avec
la plus grande conscience et le plus grand soin le plus approprié
parmi les remèdes recommandés qui suivent et avec lesquels mes
collègues et moi-même avons toujours réussi à écarter la menace
du danger avant qu'il n'ait atteint un stade irrémédiable: Ars.,
Aur., Bell., Carb-an., Chin., Clem., Ferr., Kreos., Lach., Mag. mur.,
Merc., Plat., Puls., Sabin., Sars., Sec., Sep., et Thuj." (Point
de vue homoeopathique sur le cancer)
* Les guérisons
complètes des récidives [de cancer] après intervention chirurgicale
ont été moins fréquentes et de loin, mais Nitric acid,
donné sur les signes habituels, a guéri plusieurs fois, de même que
Silica. Après interventions précoces ou même celles faites
sur une simple suspicion, quand de nouveaux nodules mammaires
apparaissent plusieurs années après, Bellis perennis a
habituellement fait très bien l'affaire. Sabal serrulata contrôle
les douleurs de piqûres comme par un insecte du cancer des voies
urinaires et prolonge grandement la vie, si bien que la guérison
semble proche. (Point de vue homoeopathique sur le cancer)
Palliatifs dans
l'incurabilité
Les principaux remèdes
qui ont pallié des cas incurables sont, pour moi, essentiellement: Calc-carb
pour les poussées de phlegmatia alba dolens, Tellurium, pour
l'odeur épouvantable et le purpura figurata que l'on rencontre
parfois, et surtout Opium en très haute dynamisation lorsque
le patient a un aspect prématurément vieilli, brunâtre et flétri. Sabal
serrulata contrôle les douleurs de piqûres comme par un
insecte du cancer des voies urinaires et prolonge grandement la vie,
si bien que la guérison semble proche. (Point de vue
homoeopathique sur le cancer)
Grossesse
* [Pendant la
grossesse] les nausées matinales persistantes, l'ensemble des
symptômes indiquera souvent Sepia qui a tous les éléments
d'un tel état, y compris une grande sensibilité aux odeurs,
exactement comme Colchicum et à un même degré d'intensité.
Si la réaction à ce stade semble imparfaite et que le cas parait
tenace Medorrhinum doit être soigneusement envisagé
car il s'agit bien souvent d'une manifestation sycosique dont les
symptômes indiquent celui-ci ou un autre anti-sycosique. (Remarques
sur la thérapeutique obstétricale)
* L'éclampsie, avec Strychnia
nous avons le prince des remèdes si une immobilisation spastique du
thorax accompagne chaque spasme, un symptôme qui est le plus souvent
présent. Si l'élimination est parfaite et le métabolisme à peu
près normal il est douteux que l'éclampsie puisse se produire.
Strychnia couvre étroitement ces deux sphères d'action. (Remarques
sur la thérapeutique obstétricale)
Post-partum
L'administration d'Arnica
après l'accouchement est aussi vieux que l'homoeopathie. Si nous
avons raison de penser que ce sont les tissus profonds qui ont
souffert le plus, une seule goutte de teinture de Bellis perennis
fera beaucoup plus qu'Arnica. (Remarques sur la thérapeutique
obstétricale)
Cause des échecs
Tout le monde veut
être guéri rapidement sans tenir compte des processus vitaux
naturels. Ceci est l'une des grandes causes fondamentales du
traitement palliatif et de la dépendance médicamenteuse. (L'Etude
de la matière médicale)
L'Etude de la matière
médicale
Nos pathogénésies ...
mettent en lumière de nombreux éléments liés aux idiosyncrasies
des expérimentateurs.
Une vue concise
n'inclut pas seulement le moment et l'ordre dans lequel les symptômes
apparaissent, mais aussi ce qui les modifient, les modalités.
Boenninghausen a vu et
corrigé la tendance de l'Homoeopathie à attacher une trop grande
attention aux sensations subjectives alors qu'elle négligeait le
support solide des facteurs étiologiques et des modalités qui
offrent tant de critères objectifs si sûrs.
L'étude montre que
chaque médicament est un concept vivant, mouvant avec des attributs
qui surviennent, se développent, s'étendent et régressent tout
comme le font les maladies; chacun détenant ses propres
caractéristiques dans un camp d'action toujours plus grand, jusqu'à
sa dernière expression dans les plus hautes dynamisations.
Il est très utile
d'avoir une idée relative des valeurs des remèdes apparentés, car
par essence chacun dépeint un certain type, avec des variations qui
le mettent en relation avec ses complémentaires, s'imbriquant ainsi
les uns dans les autres.
La façon habituelle de
découvrir des key-notes bien connus et de prescrire en fonction d'eux
et une pratique des plus pernicieuses.
Se laisser guider par
les observations cliniques et des hypothèses pathologiques est une
erreur particulièrement désastreuse qui limite notre action et ne
fait qu'occulter le pouvoir merveilleux dont le véritable similimum
est capable.
La vivacité des
médicaments comme Aconit ou Coffea est juste l'inverse
de l'engourdissement de Gelsemium, Phosphoric acid et ceux qui
leur ressemblent, et pourtant la frayeur peut occasionner
l'hypersensibilité des premiers aussi bien que la dépression d'Opium.
Si l'hébétude est provoquée par une température élevée ou une
intoxication massive il ne faut pas attendre l'apparition d'une
sensation de dédoublement, ce qui peut ne jamais survenir, mais
penser tout de suite à Baptisia, etc.
Pour les étudiants il
est de la première importance d'avoir une compréhension du type que
chacun représente, laissant l'expérience pour maîtriser cas
complexes et détails. Nous parlons d'un type Phosphorus, Sulphur,
Sepia, ou Pulsatilla et pourtant ceci ne véhicule pas une
idée très utile au jeune parce qu'il manque d'expérience pour
brosser mentalement l'image de chaque médicament et finalement lui
permettre de la projeter visuellement. Que de fois la pupille dilatée
suggère Belladonna lorsqu'elle est accompagnée d'éréthisme
nerveux et de sécheresse, alors qu'au contraire la moiteur, l'aspect
bouffi et le ralentissement font penser à Calcarea carb. Nous
avons aussi l'irritabilité nerveuse d'un patient Nux vomica en
contraste avec la douceur de Pulsatilla, etc.
[Dans ce long article
les recommandations sur l'étude de la matière médicale sont
amplement développées et débordent le libellé du titre puisque
nombre d'aspects de la pratique homoeopathique sont abordés, en
particulier la place de la chirurgie.]
La répertorisation
L'analyse finale de
chaque cas consiste à réunir les symptômes individualisés dans un
groupe, les manifestations pathologiques dans un autre, puis à
trouver le remède qui couvre les deux groupes, en accordant la plus
grande importance aux premiers. (Hiérarchie des symptômes)
Les
très grosses rubriques de nos répertoires sont vraiment plus utiles
pour confirmer de temps en temps le remède final que pour le
découvrir. (Hiérarchie des symptômes)
En ne
conservant que les remèdes des deux plus forts degrés des grosses
rubriques et des rubriques générales, et en y ajoutant tous les
remèdes qui ont été confirmés dans les rubriques plus petites,
nous mettons en évidence le plus grand nombre possible de
caractéristiques. (Hiérarchie des symptômes)
En
théorie, le même symptôme peut avoir la position la plus élevée
dans un cas et la plus basse dans le suivant, tout dépend du profil
général du cas, tel qu'il est délimité par les symptômes
associés. (Hiérarchie des symptômes)
La valeur relative d'un
symptôme donné dépend presque entièrement de son contexte, elle
varie donc d'un cas à l'autre, et sa position répertoriale n'est en
définitive déterminée que par de nombreuses confirmations
cliniques. (Hiérarchie des symptômes)
 |
Matière
Médicale de remèdes |
Bellis perennis
Les guérisons
complètes des récidives [de cancer] après intervention chirurgicale
ont été moins fréquentes et de loin, mais Nitric acid,
donné sur les signes habituels, a guéri plusieurs fois, de même que
Silica. Après interventions précoces ou même celles faites
sur une simple suspicion [de cancer], quand de nouveaux nodules
mammaires apparaissent plusieurs années après, Bellis perennis
a habituellement fait très bien l'affaire. Dans les crises toxiques
qui ressemblent tant à la première attaque des formes larvées
d'érysipèle, Bellis est aussi ma planche de salut. Il ne
guérit pas, mais réduit presque à néant la tendance aux
hémorragies, fait de la crise toxique une petite affaire et espace
grandement les crises. Bellis m'apparaît comme un Arnica
plus puissant et plus profond--le reste du tableau vous le connaissez
sans que je vous le dise. (Point de vue homoeopathique sur le
cancer)
Coccus cacti
Coccus cacti convient
à presque n'importe quelle toux paroxystique quand les quintes sont
violentes mais pas très rapprochées, et sont accompagnées par une
rougeur intense du visage et une sensation générale d'avoir trop
chaud. S'il y a en même temps irritation des reins, avec une urine
peu abondante, épaisse, lourde, avec des mictions plutôt
fréquentes, il est doublement indiqué; et les résultats seront
brillants. (Coccus cacti)
Magnesia carbonica
Il convient de noter
que [Magnesia carbonica] présente bon nombre de modalités de Pulsatilla
et de Rhus tox., c'est pour cette raison qu'on l'oublie
souvent, que souvent il devrait être donné à la place de Rhus.
(Magnesia carbonica)
Phytolacca
Phytolacca
et les seins. Laissez-moi vous dire qu'une femme qui a besoin de ce
remède avant, pendant ou après la grossesse et ne le reçoit pas ne
sera jamais bien tant qu'elle ne l'aura pas eu. Elle aura des signes
de certaines pathologies: goitre, fibromes, etc. ou sera affligée de
symptômes rhumatismaux qui refusent de céder aux remèdes habituels.
Ce n'est qu'en prenant en compte la totalité de ses antécédents et
de son état actuel et la réalisation d'un tableau complet que les
signes corrects se révéleront et que l'image de Phytolacca sera
évidente. (Remarques sur la thérapeutique obstétricale)
Solidago virgaures
On préfère
Solidago virgaurea quand les reins sont atteints, endoloris, et
nettement inflammés, avec violente dorsalgie. Il agit bien en
dynamisations les plus hautes. (Remarques sur la façon de
prescrire)
Viburnum
[Dans] une fausse
couche ... la vieille garde avait recours à Sabina presque
empiriquement. Viburnum convient aussi souvent sinon plus, et
comme vous le savez il se peut que ni l'un ni l'autre ne soit le
remède. Il convient de remarquer que Viburnum a d'avantage de
sang rouge vif à ce moment-là que n'importe quel autre remède. Ceci
est tellement net que beaucoup ont l'habitude de garnir largement, de
donner Viburnum, et de laisser la nature faire le reste. Le
fait que la plupart des cas de Viburnum ont aussi une
composante nerveuse importante et parfois une polyurie
d'accompagnement ne sera pas oublié. (Remarques sur la
thérapeutique obstétricale)
 |
Petit
répertoire |
Abcès invétérés des
articulations des doigts ou orteils : Sep.
Aménorrhée
fonctionnelle de la puberté, avec aggravation générale par le froid
: Senec.
Bronchite capillaire :
Ant-t.
Cancer du sein, nodules
: Bell-p.
Cancer :
Ars., Aur., Bell., Carb-an., Chin., Clem., Ferr., Kreos., Lach., Mag.
mur., Merc., [Nit-ac.], Plat., Puls., Sabin., Sars., Sec., Sep.,
[Sil.], Thuj.
Chorée, grande : lach.
Diphtérie au début :
Lach., Lyc., Phyt., Merc-cy.
Douleurs de piqûres
comme par un insecte du cancer des voies urinaires : Sabal.
Eclampsie avec
immobilisation spastique du thorax accompagnant chaque spasme : Stry.
Eczéma
suintant pendant la phase croissante de la lune mais devenant sec
pendant la phase décroissante : Clem.
Erysipèle larvé : Bell-p.
Erysipèle avec
tendance aux hémorragies : Bell-p.
Fausse-couche : Sabin.,
Vib.
Hernie étranglée : Aco.,
Alum, Aur., Bell., Calc-c., Cham., Coloc., Lach., Lyc., Nit-ac.,
Nux-v., Op., Plb., Sil., Sul., Sul-ac., Verat-a.
Hernie (Boenninghausen)
: Aco., Alum., Asar., Aur., Bell., Bry., Calc-c., Caps., Cham.,
Coccl., Coloc., Guai., Lach., Lyc., Mag-c., Nit-ac., Nux-v., Op.,
Phos., Plb., Sil., Staph., Sul., Sul-ac., Thuj., Verat-a., Zinc.
Nausées matinales
rebelles de la grossesse : Med.
Nausées matinales de
la grossesse avec hypersensibilité aux odeurs :
Sep., Colch.
Odeur épouvantable du
cancer : Tell.
Phlegmatia alba dolens
: Calc-carb.
Pneumonie :
Phos.
Prématurément vieilli
: Op.
Purpura figurata :
Tell.
Toux qui proviennent de
ce qui semble être une zone sèche :
Nat. mur. Con.
Toux qui proviennent du
côté droit :
Dioscorea, Iris ver., Phos., Stann.
Toux dont le siège
primaire semble être sur le côté gauche de la gorge ou du larynx :
Bapt., Bell., Con., Hep., Olanim., Salicylic acid.
Toux qui commencent
dans la fourchette sternale :
Bell., Cham., Nux-v., Rumex, Sang., Sep., Sil.
Toux provenant d'une
sensation de masse dans la gorge :
Bell., Calc-c., Cocc-cact., Lach.
Typhus : Lach.
Urticaire associée à
des selles décolorées et des oxyures :
Urt-u.
 |
Cas
cliniques |
* Un homme est
venu d'une ville éloignée me voir et me dire qu'il n'avait pas eu la
moindre amélioration à la suite du traitement qu'il y avait reçu.
Il avait un eczéma généralisé de la tête aux pieds, et ces cas
sont toujours très difficiles. J'hésite à prescrire dans ces cas-
là car, je vous le dis franchement, mes succès ne sont pas
constants. Je m'assis et parlai un moment avec lui. Il était si mal
en point que la peau était crevassée par endroits et il en suintait
[une sérosité] d'odeur désagréable, nauséabonde et douceâtre.
Son visage était bleuâtre, et somme toute il avait un aspect
repoussant. Plus je lui parlais, plus j'étais convaincu qu'il était
une copie conforme d'empoisonnement par Rhus venenata. Sans
consulter la matière médicale je lui ai remis une dose unique de Rhus
venenata MM en lui disant: "Ne prenez pas ceci avant d'être
rentré chez vous parce qu'il va se passer quelque chose". Il a
attendu d'être rentré pour prendre le remède. Le troisième ou le
quatrième jour il a commencé à transpirer de partout. Puis la sueur
s'est limitée au côté gauche du thorax. Elle avait l'odeur de
fumée pourrie. Il avait des nodules goutteux dans les lobes de ses
oreilles. Les nodules disparurent et il s'éclaircit de partout,
desquama sur tout le corps. Maintenant ce Rhus venenata ne l'a
pas guéri, car après un certain temps, il y eut une petite rechute,
mais insuffisante pour le gêner et je ne répétais pas la dose. Je
vais le laisser continuer son chemin et voir de quelles réserves de
force [vitale] il dispose pour se restabiliser. (Science
et répertoire, discussion)
* ...dans un cas de
coxalgie, avec raccourcissement, dans une famille de tuberculeux. Le
malade était pâle, orgueilleux et méticuleux; Arsenicum le
guérit sans laisser de traces de rétraction. (Ce
que nous devrions savoir)
* le cas d'une enfant
faible atteinte de coqueluche; elle contracta subitement une grave
pleurésie. C'était le simillimum administré promptement ou
la mort. Elle s'éveilla en colère, avait beaucoup de mal à
respirer, ses narines palpitaient convulsivement. Quatre heures après
une dose de Lycopodium elle se mit à transpirer abondamment et
fut hors de danger le lendemain. La plupart des articles sur la
pleurésie omettent de citer ce remède. [Cough, in pleurisy]. (Ce
que nous devrions savoir)
* Deux semaines durant
un ouvrier essaya en vain d'expulser un calcul rénal, à la suite de
quoi il tomba dans une grande faiblesse. Il fit alors appel à moi.
Son intelligence était médiocre et son interrogatoire difficile.
Deux gouttes de teinture de Polygonum sagittatum dans de l'eau
la nuit et le matin lui permirent d'expulser un calcul de la taille de
la moitié d'un grain de blé. Il retrouva rapidement force et
activité. (Ce
que nous devrions savoir)
* Fin février un
enfant de deux ans présenta de sévères frissons à onze heures
du matin un jour sur deux. Son visage devint très bleu, peu
après s'ensuivit une fièvre intense, puis une légère moiteur. On
lui donna une dose de Natrum muriaticum MM à la fin du cycle.
Il n'y eut plus jamais d'autre frisson et il se développa comme
jamais auparavant. (Notes
prises au hasard)
* La leucorrhée
profuse d'une jeune femme cessa soudainement; une salpingite gauche
avec gonflement local, une fièvre élevée, de l'agitation et une
sévère prostration suivirent rapidement. Chaque paroxysme de douleur
montait progressivement jusqu'à un certain degré puis cessait
subitement. Une dose de Pulsatilla MM rétablit
l'écoulement du jour au lendemain et une guérison ferme et totale
s'ensuivit. (Notes
prises au hasard)
* Une septuagénaire
souffrant de néphrite chronique fut opérée pour une hernie droite
étranglée. En deux semaines elle contracta une pneumonie subaiguë
avec gastrite. Les douleurs d'estomac allaient toujours du côté
sur lequel il lui arrivait de se tourner. Deux doses de Pulsatilla
MM stoppèrent rapidement tous les troubles et elle expectora beaucoup
de muco-pus ayant le goût d'éther. Au bout d'une semaine la douleur
gastrique revint mais une autre dose du même remède paracheva la
guérison. (Notes
prises au hasard)
* Un adepte de Bacchus
et Vénus atteint d'endartérite aortique décompensée fut subitement
pris d'une atroce douleur à type de torsion dans le mollet
gauche avec anesthésie complète au-dessous. Un gonflement dans le
creux poplité apparut et il se tordait dans de grandes souffrances,
il essayait des bains très chauds et toutes sortes d'applications
sans soulagement. Quelques doses de Nux Vomica le plongèrent
aussitôt dans le sommeil et en deux jours il retourna à son état
antérieur. (Notes
prises au hasard)
* Une femme largement
dans les soixante-dix ans eut un grave abcès de la vésicule biliaire
suivi en quatre mois d'apoplexie et d'hémiplégie gauche, puis de
congestions cérébrales à répétition accompagnées de violentes
céphalées qui la poussaient à hurler, à s'arracher les cheveux
et à rouler les yeux d'un côté à l'autre. Il y avait un
certain degré de paralysie de la déglutition et un enduit sec et
épais sur la langue. Plusieurs doses de Cuprum Metallicum MM
données à de longs intervalles l'améliorèrent beaucoup,
nettoyèrent la langue, firent disparaître la paralysie pharyngée et
revenir l'appétit, mais n'eurent pas d'effet sur la dégénérescence
vasculaire. (Notes
prises au hasard)
* Un gros buveur
invétéré, 63 ans, vint récemment me consulter, porteur d'une
insuffisance mitrale décompensée. Il n'allait pas bien, malgré
plusieurs remèdes y compris une prescription allopathique de fortes
doses de digitale et des injections hypodermiques de morphine deux à
trois fois par jour. Il y avait une ascite importante, un oedème des
jambes, une respiration de Cheyne-Stockes et une insomnie
grandissante, pas toujours due à la dyspnée. Nous connaissons tous
ce tableau qui généralement se termine en ponctions répétées et
issue fatale. Cette insomnie particulière m'incita à rechercher un
remède correspondant à cette éventuelle combinaison et qui
maintiendrait, peut-être, le coeur plus longtemps. L'insomnie dans
les affections cardiaques fut finalement trouvée chez Crataegus.
La prescription fut trente gouttes de teinture mère dans un
demi-verre d'eau; une cuillerée à thé toutes les trois heures.
L'effet fut incroyable. En deux jours le visage bleu cyanosé du
patient devint rouge; la langue rouge et très sèche redevint humide;
il commença à s'allonger un peu et le coeur énormément
hypertrophié et dilaté diminua progressivement; en bref, une
amélioration merveilleuse s'installa, jusqu'au jour où une
névralgie sus-orbitaire gauche apparut. Maintenant je connaissais la
façon dont les symptômes s'étaient agencés. Une dose unique de Spigelia
MM a semblé rétablir l'efficience valvulaire et seule persistait
une légère irrégularité cardiaque. Pour des raisons évidentes, ce
cas n'indique pas de solution complète du traitement d'un tel type de
maladie cardiaque, mais il montre ce que l'application correcte du
remède homoeopathique soigneusement choisi peut faire dans une
situation très grave. (Notes
prises au hasard)
* Dans une endocardite
aiguë, consécutive à une amygdalite supprimée, avec presque le
même tableau diagnostique, mais accompagnée d'une agitation
excessive des bras et un besoin d'air, Tarentula guérit
radicalement. (Notes
prises au hasard)
* Une femme d'âge
moyen, fréquemment sujette aux aphtes présentait un ulcère
cancéreux déchiqueté, serpigineux, d'évolution rapide, de la face
buccale de la lèvre inférieure, qui perforait presque la peau de
l'autre côté. L'ulcération principale était grande comme une
pièce d'un cent avec une profonde fissure descendant jusqu'au menton
et il existait déjà plusieurs ulcères métastatiques sur le voile
du palais. Elle avait des douleurs vagabondes, fulgurantes qui lui
traversaient le corps et laissaient derrière elles une sensation de
meurtrissure. Le lait lui laissait un goût aigre, et elle était
paresseuse, corpulente et pas très propre. Une dose de Kalium
bichromicum MM, répétée 60 jours après, l'a complètement
guérie. (Point de vue homoeopathique sur le cancer)
* Deux ans avant de
demander de l'aide un forgeron, âgé de 47 ans, prit un coup de froid
sévère. Son urine prit bientôt la couleur de bière brune, tandis
que des douleurs coupantes, déchirantes dans la vessie, des algies
dans la prostate et les testicules apparurent; en même temps, un
grand endolorissement survint dans la région de l'échancrure
sacro-iliaque gauche, au côté gauche de la vessie et remontant
au-dessus du flanc gauche. Les douleurs étaient aggravées par la
pression, par le coït, la position assise, et après avoir bu
du babeurre; elles étaient améliorées par la marche ou la
position allongée sur le dos, mais elles l'obligeait à changer si
souvent [de position] la nuit qu'elles le laissaient épuisé au
matin. Il était parfois soulagé en éliminant une urine de couleur
rose, qui déposait un sédiment jaune, ou en allant à la selle. Il a
rapidement trop chaud à la chaleur du soleil, et il est facilement
agacé par le bruit, la peur ou la surexcitation. De tels
éléments menèrent au choix du remède, et il reçut une seule dose
de Cobaltum 6, avec le résultat qu'en vingt jours une forte sinusite,
avec écoulement de pus sanguinolent par le nez; ainsi, son vieux
rhume était réapparu de la même façon. Un placebo prit la suite,
et cinq semaines après le début du traitement, il pouvait dormir
profondément toute la nuit, s'asseoir autant qu'il lui plaisait et
n'avait pratiquement plus aucun malaise. (Cobaltum)
* Une femme, après
exposition prolongée à un vent froid, contracta la grippe. Après un
traitement d'une semaine avec un succès seulement moyen, je la vis et
obtins les symptômes suivants:
1 - Goût de brûlé
avec nausées, aggravé en buvant.
2 - Raideur et douleur
lombaires, aggravées en toussant.
3 - Algies descendant
le long de la face postérieure de la cuisse gauche, avec une douleur
poignante au mouvement, aggravée par la pression. L'urine contenait
de nombreuses cellules épithéliales rénales.
4 - violentes
quintes de toux largement espacées, provoquant une sensation
générale de chaleur et une rougeur du visage.
L'association des
effets spasmodiques respiratoires et des symptômes urinaires et
lombaires était suffisante pour faire penser à Coccus cacti,
mais la chaleur générale, avec rougeur du visage à chaque quinte de
toux, confirma le choix. Deux jours après avoir pris une dose unique
de 1M la toux avait pratiquement cessé, et en quatre jours les autres
symptômes disparurent également, si bien qu'il ne resta qu'une
grande fatigue. (Coccus cact)
* Il y a deux semaines,
un fermier affaibli, âgé de 75 ans, fut pris de violentes douleurs
piquantes au-dessus de la hanche droite, descendant vers la vessie. Il
était tourmenté en permanence par le besoin d'uriner, il y avait de
la peur, une extrême agitation et des sueurs profuses à chaque
paroxysme douloureux. Cet état durait déjà depuis plusieurs jours.
Le remède n'était pas très clair dans mon esprit; mais je me
risquai à donner Aconit, qui calmait presque complètement les
douleurs pendant quelques heures après chaque dose, mais au bout de
deux jours il était évident qu'aucun véritable progrès n'avait
été fait, qui plus est un nouveau symptôme très remarquable
apparut -- une langue bleue. Que cette langue bleue ait été la
conséquence (hypothétique) des quatre ou cinq doses d'Aconit, ou une
évolution inquiétante, ne nous préoccupe pas beaucoup, mais il est
sûr que c'était le symptôme dernier apparu, et par conséquent le
plus vital. Il reçut alors une dose de Gymnocladus 6ème
toutes les quatre heures, et dès la deuxième dose toutes les
douleurs disparurent et il ne persistait qu'une grande faiblesse.
C'était soit une magnifique guérison soit une merveilleuse
coïncidence; il ne croit pas en cette dernière. (Gymnocladus)
* Un patient mordu par
un rat à la jambe gauche quand il était petit. Dans sa
soixante-troisième année, une masse noire et dure, de la taille d'un
demi-dollar, apparut au même endroit, avec des douleurs fulgurantes
montant et descendant le long de la jambe, surtout la nuit. Il y avait
dans ses antécédents familiaux proches deux cas de cancer et un
médecin conseilla son ablation, ce que le patient refusa. Il avait
des crises avec la sensation de s'effondrer, des épisodes de
somnolence soudaine et d'engourdissement général. Il ne pouvait
rester couché confortablement sur le côté droit la nuit (Magn.
mur.). D'après l'anamnèse il avait vraisemblablement été un
bébé aigre, nourri au biberon, et, jeune garçon, on lui avait
supprimé une transpiration des pieds. Il était toujours nerveux par
temps sec et clair. Une dose de Magnesia carbonica de temps en
temps pendant plusieurs années fit complètement disparaître les
douleurs, réduisit la tumeur à la taille d'une pièce de cinq cents,
la ramollit et la rendit beaucoup plus pâle, tandis que son état
général s'améliorait grandement. Il avait encore la douleur
sterno-costale dont il a été question plus haut. (Magnesia
carbonica)
